
- avril 21, 2026
- Nouvelles


Les Archives des jésuites au Canada (AJC) sont à la recherche d’un.e candidat.e au poste d’archiviste de projet, en association avec le programme Jeunesse Canada au Travail. Le stage est d’une durée de 24 semaines, prévu de débuter le 21 septembre 2026 et se terminant le 19 mars 2027. Les AJC sont situées à Montréal, Québec. Le stage va se dérouler dans nos locaux de la Maison Bellarmin, situés à Montréal. Le taux horaire du stage est de 23.00$ de l’heure (35 heures/semaines; projet de 24 semaines; jours fériés non payés; 10-12 journées de congé à confirmer pendant la période des fêtes de la fin décembre/début janvier).
Les AJC offrent un point d’accès à ses collections ainsi que des ressources concernant l’histoire des jésuites au Canada. Les AJC soutiennent la recherche des membres de la communauté jésuite, généalogistes, chercheurs.euses académiques, chercheurs.euses autochtones, artistes et étudiant.e.s provenant d’une variété de disciplines. La collection d’archives comprend plus de 1.5 km de documents textuels, plus de 500 000 photographies, plus de 1 000 cartes et documents cartographiques, des centaines de documents audio-visuels et ainsi que des documents nés-numériques.
L’objectif principal du projet est d’effectuer de la recherche dans la collection AJC afin de cibler des documents pour numérisation. Cela va nécessiter de naviguer à travers différents fonds et collections, et identifier les archives pertinentes à numériser. Ces fonds et collections contiennent des archives sur les communautés Onkwehón:we. Quelques fonds et collections reliées aux communautés Haudenosaunee ont été partiellement retraités au cours des dernières années. La prochaine phase est reliée à la sélection de documents pour la numérisation afin de faciliter l’accès à la diversité des contenus concernant les communautés Onkwehón:we. Le processus de numérisation va concerner en particulier des documents textuels, mais quelques photographies et autres documents vont également être ciblés pour la numérisation. La numérisation de ces archives est importante pour nos partenaires Onkwehón:we qui effectuent de la recherche dans notre collection d’archives.
La majorité des archives à numériser proviennent du Fonds Mission Saint-François-Xavier, qui comprend 1.23 mètres de documents textuels ainsi que 92 photographies. Les documents textuels ont majoritairement été créés entre les années 1800 et 1900, mais d’autres documents, comme des photographies, ont été produits dans la deuxième partie du 20e siècle. Le fonds contient de l’information sur des relations entre des prêtres jésuites et la communauté de Kahnawà:ke, de même que des documents administratifs reliés aux activités de la mission.
Le ou la stagiaire va contribuer à la description des archives incluses dans les fonds en identifiant les éléments qui exigent plus de contexte. Le fonds a été décrit au niveau du fonds et des séries, mais certains éléments doivent être décrits plus en profondeur au niveau des dossiers. Le cas échéant, certains documents vont même être décrits au niveau de la pièce. Le projet consiste alors à effectuer des recherches afin d’évaluer quelles zones nécessitent une description plus en détail pour rendre les archives plus accessibles aux chercheurs.euses. Le ou la stagiaire va donc évaluer le fonds et effectuer la sélection de documents pour la numérisation.
La deuxième phase du projet va exiger des recherches plus exhaustives pour identifier des documents Onkwehón:we pertinents, à travers une diversité de fonds et collections. Ceux-ci incluent des fonds personnels de prêtres jésuites qui ont évolué à Kahnawà:ke et Ahkwesáhsne. De plus, des recherches seront entreprises dans une collection spéciale sur la Nouvelle-France qui contient des documents Onkwehón:we, reliés aux communautés Kanien’kehá:ka et Wendat. Le projet va par la suite se pencher sur la numérisation des archives sélectionnées.
VÉRITÉ ET RÉCONCILIATION AVEC LES PEUPLES AUTOCHTONES
Les AJC sont engagées dans un processus de vérité et de réconciliation avec les peuples autochtones. Les AJC soutiennent la résurgence autochtone. Le candidat ou la candidate sélectionné.e va devoir démontrer une compréhension des défis principaux par rapport aux conceptions et pratiques archivistiques. Le candidat ou la candidate doit être familier.ère avec les principes énoncés dans les appels à l’action de la Commission vérité et réconciliation du Canada, avec le rapport du Groupe de travail sur la réponse au rapport de la Commission vérité et réconciliation du Comité directeur sur les archives canadiennes, en plus de démontrer une compréhension des orientations stratégiques au niveau national et international concernant les peuples autochtones et les archives associées.
QUALIFICATIONS ET COMPÉTENCES
Le matériel à traiter est en anglais, français et Kanien’kéha, ainsi que quelques documents en Wendat. Le candidat ou la candidate sélectionné.e doit être en mesure d’écrire en français et en anglais. Les activités quotidiennes aux AJC se déroulent principalement en français. Les activités de communication avec le public se déroulent en français, en anglais ou dans les deux langues, tout dépendant des chercheurs.euses, des projets et du public visé. Le candidat ou la candidate sélectionné.e doit être confortable dans un climat de travail bilingue.
Le stage se déroulera à Montréal, Québec, une ville avec une population diverse. Il s’agit d’un environnement urbain avec diverses institutions universitaires et culturelles.
Une préférence sera accordée aux candidat.e.s autochtones.
Les candidat.e.s visé.e.s par l’équité en matière d’emploi du Gouvernement du Canada sont invité.e.s à postuler.
La date limite pour postuler est le 15 mai 2026.
Pour obtenir plus d’information concernant les AJC, veuillez visiter notre site web : https://archivesjesuites.ca/
Les candidat.e.s doivent être éligibles au programme de Jeunesse Canada au Travail.
Les applications, devant inclure une lettre de présentation et un curriculum vitae, dans un seul document Word ou PDF, doivent être envoyées à François Dansereau, Directeur des Archives des jésuites au Canada : CANAJCdirection@jesuites.org.
Nous remercions les personnes ayant signalé leur intérêt pour le stage. Les personnes sélectionnées pour la liste courte seront contactées pour une entrevue. Les informations personnelles incluses dans les candidatures vont être utilisées uniquement pour le processus de recrutement.
par Brenna Roblin
Au cours du traitement récent de la Northern Ontario Indigenous Languages Collection (2016-0015), nous avons pris connaissance de plusieurs textes portant les marques de possession des bibliothèques de l’ancienne école industrielle du territoire non cédé de Wiikwemkoong et du pensionnat de Spanish, en Ontario. Les exemples suivants donnent un aperçu des documents de la collection et de leur lien avec ces écoles.
L’école industrielle de Wiikwemkoong a été fondée par les jésuites en 1878 et a été en fonction sur l’île Manitoulin jusqu’en 1913. En 1894, l’école industrielle a été intégrée au système éducatif géré par le ministère des Affaires indiennes. Elle a été remplacée par l’école St. Peter Claver (1913-1946) et le Collège Garnier (1946-1958), communément appelés les pensionnats de Spanish.

Un grand nombre de documents qui font partie de la Collection de langues autochtones sont de nature religieuse, allant des hymnes aux livres de prières. Plusieurs recueils de cantiques en anishinaabemowin de la collection ont été imprimés localement sur le territoire non cédé de Wiikwemkoong et estampillés par la bibliothèque de l’école industrielle. Le nombre important d’exemplaires trouvés dans la collection laisse penser que ces recueils ont probablement été largement diffusés auprès de la communauté scolaire.
Ga Iji-Ganonindiwad Ningoting Bejig Eiad Anama-
kamig Gaie Bejib Ogidakamig, cantiques, [19-?].
2016-0015.S2.2.17.1_01
Niina Aiamie-Masinaigan (1898) est la deuxième édition d’un livre de prières et de cantiques, dont la page de titre est rédigée en anishinaabemowin et en français. Rédigé par les Oblats et publié pour la première fois à Montréal en 1866, ce texte témoigne de la présence francophone parmi les communautés anishinaabemowin du nord de l’Ontario.


En effet, l’école de Spanish était sous l’administration de la Province jésuite du Canada, dont le siège était à Montréal, jusqu’en 1924. Pendant cette période, la majorité des jésuites affectés à l’école étaient francophones, et plusieurs d’entre eux ont appris à parler l’anishinaabemowin ainsi que d’autres langues autochtones. La composition démographique des jésuites qui faisaient partie des missions du nord de l’Ontario a progressivement changé au vingtième siècle, pour devenir majoritairement anglophone.


Dans un livre de prières anishinaabemowin intitulé Shahguhnahshe Ahnuhmeähwine Muzzeneëgun (1889), on retrouve des traces laissées par les élèves dans les marges. À la mine de plomb et au crayon de couleur, les enfants semblent avoir inscrit leurs noms, leurs dates d’anniversaire et d’autres détails personnels. La plupart des élèves de l’école de Spanish venaient des réserves locales, mais certains venaient d’aussi loin qu’Ahkwesáhsne, Kahnawà:ke et Kanehsatà:ke.

Manuscrit du dictionnaire de Martin Férard, s.j., avec définitions en
anglais, [18-]. 2016-0015.S1.2.3.2_45-46
Des ressources d’apprentissage des langues, telles que le dictionnaire anishinaabemowin du père Martin Férard, s.j., constituent une partie importante de la collection. Le père Férard a consacré de nombreuses années à la rédaction du Dictionnaire Français-Ojibwe, qu’il a terminé peu avant sa mort en 1891. Un manuscrit relié de ce texte qui porte les cachets de l’école de Spanish se trouve dans la collection, avec les notes du père Férard et plusieurs transcriptions.
Enfin, un exemplaire estampillé du Lexique de la langue algonquine se trouve dans la collection. Rédigé par le prêtre sulpicien J. A. Cuoq, ce lexique connu des langues algonquiennes a été publié à Montréal en 1886. Contrairement aux exemples précédents, le Lexique de la langue algonquine porte un cachet de l’école St. Peter Claver, le pensionnat ouvert en 1913 à Spanish, en Ontario.

Lexique de la langue algonquine par J. A. Cuoq,
1886. 2016-0015.S1.1.8_02
Pour consulter la Collection des langues autochtones, veuillez consulter notre catalogue : https://catalogue.archivesjesuites.ca/northern-ontario-indigenous-languages-collection
Sources :
Canadian Institute of Jesuit Studies (1991). Dictionary of Jesuit Biography: Ministry to English Canada 1842-1987. [Dictionnaire biographique des jésuites : Ministère au Canada anglais 1842-1987.]
Monet, J. (Dir.). (2015). Builders of a Nation: Jesuits in English Canada 1842-2013. [Les bâtisseurs d’une nation : les jésuites au Canada anglais, 1842-2013.] (Vol. 2). Novalis Publishing Inc.
Shanahan, D. F. (2004). The Jesuit Residential School at Spanish: « More Than Mere Talent ». [Le pensionnat jésuite à Spanish : « Plus qu’un simple talent ».] Canadian Institute of Jesuit Studies.
Les Archives des jésuites au Canada sont heureuses d’annoncer que Noah MacDonald est récipiendaire de la Subvention à la recherche autochtone !
Noah est étudiant anicinabe au doctorat et canoniste (expert en droit de l’Église catholique) appartenant à la Première nation Michipicoten. Après avoir terminé son Juris Canonici Licentiatus, à l’Université Saint-Paul en 2020, il est devenu le premier canoniste autochtone du Canada et continue de servir l’Archidiocèse de Toronto comme juge ecclésiastique. Depuis 2023, il poursuit un doctorat en études théologiques au Regis College (Université de Toronto). Ses recherches doctorales visent à explorer les expressions de foi catholique et d’autodétermination des Anicinabek. Il a récemment publié dans le Journal of Ecumenical Studies au sujet de la relationnalité jésuite-anicinabek et dans The Conversation sur des enjeux de réconciliation dans les commissions scolaires catholiques. Il reste déterminé à défendre les droits et l’agentivité des Autochtones catholiques à travers son travail au Our Lady of Guadeloupe Circle et au Anishinabe Spiritual Centre.
Rejoignez le Toronto Jesuit History Research Group le vendredi 14 novembre, 2025 (13 h à 15 h, heure de l’Est) pour une conférence intitulée « Hiding in Plain Sight: Open Secrets About the Jesuit Relations from New France » donnée par Micah True. Le professeur True est l’auteur de la monographie récemment publiée, The Jesuit Relations: A Biography.
Pour plus de détails, consultez l’affiche ci-jointe.
Les archives des jésuites au Canada sont heureuses d’annoncer la création d’une subvention à la recherche autochtone. Cette bourse a été créée pour soutenir la recherche sur des sujets autochtones et par des étudiantes et étudiants autochtones. Préférence sera accordé aux candidats autochtones.
Valeur : 2,500 CAD
Date limite : 1er décembre 2025
Tous les détails sont disponibles ci-dessous. Si vous avez des questions, veuillez écrire aux AJC à l’adresse canarchives@jesuites.org ou nous appeler au 514-387-2541, poste 318.
Dr. Fannie Dionne et Patricia Prost
15 juin 1625. Après des semaines de traversées de l’Atlantique Nord, les premiers jésuites débarquent à Québec. Les pères Ennemond Massé, Charles Lalemant et Jean de Brébeuf, accompagnés de deux frères, découvrent la petite ville avec entre autres son fort, quelques habitations, le couvent des récollets. Cela fait 400 ans.
On trouve peu de traces de cette arrivée et des premières années de la mission de Brébeuf et ses confrères dans les Archives des jésuites au Canada (AJC). En effet, les archives de la Compagnie de Jésus qui datent de cette époque, dispersées entre 1800 et 1842, n’ont été récupérées que partiellement. Parmi les pièces qui permettent de se replonger dans cette époque se trouve une carte datant de 1685. Celle-ci met en lumière la présence des jésuites et un autre ordre religieux masculin avec qui ils ont partagé la mission : les récollets.
Récollets et jésuites il y a 400 ans
Les jésuites mettent pied à terre à Québec en 1625, mais ce n’était pas le premier voyage transatlantique du père Massé. Ce dernier avait été missionnaire entre 1611 et 1613 en Acadie avant de devoir revenir en France, où il partage le récit de son séjour auprès des Autochtones. Son expérience inspire d’autres membres de la Compagnie de Jésus et contribue à mettre en branle les rouages qui vont favoriser le retour des jésuites dans la colonie française.
En effet, selon l’historien Éric Thierry, les récits de la mission d’Acadie vont motiver des jésuites influents comme le père Jean de La Bretesche (proche du duc de Ventadour et du cardinal François de La Rochefoucauld) à travailler en coulisses pour que des membres de la Compagnie de Jésus soient envoyés à Québec, où œuvraient déjà des missionnaires récollets depuis 1615.
Si les récollets n’avaient pas prévu de partager leur mission avec des disciples d’Ignace de Loyola, ils ne peuvent qu’accepter leur présence une fois mis devant le fait accompli. Ceux de Québec accueillent d’ailleurs les jésuites dans leur couvent à leur arrivée, le temps que les nouveaux missionnaires puissent construire leur première demeure sur les terres de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges, à l’emplacement de l’actuel parc Cartier-Brébeuf dans le quartier Limoilou. Lors de cette période, de concert avec les récollets, les jésuites travaillent auprès des catholiques français en célébrant la messe et les fêtes, en plus de commencer les premières missions dans des communautés autochtones. Ainsi, dès octobre 1625, Brébeuf part hiverner avec des Innu avant d’être envoyé en 1626 vers les Wendat avec le père Anne de Nouë et le récollet Joseph de La Roche Daillon.
En 1629, la prise de Québec par les Anglais oblige tous les religieux à retourner en Europe, mettant temporairement fin à la mission.
Le nouvel essor de la mission jésuites à Québec

En 1632, ce qui était appelé « Nouvelle-France » est rendu à la France par les Anglais. La même année, les jésuites sont les seuls religieux à refaire le voyage dans la colonie française. Leur apostolat s’étend alors sur plusieurs plans, et des milliers de kilomètres. Sans rendre compte de tous les aspects de leur mission, la vue à vol d’oiseau de Villeneuve nous renseigne sur les services que les jésuites fournissaient à la population, dans un emplacement proche du gouvernement de la colonie.
Les jésuites fondent par exemple leur collège en 1635, où ils dispensent le cours classique, tel qu’enseigné dans les collèges jésuites de France. Les sciences ne sont pas en reste, puisque s’ajoutent à partir de 1708 un cours d’hydrographie et une formation de pilotes et d’arpenteurs de la colonie. Le collège abrite également une importante bibliothèque et une apothicairerie.
L’importance de la présence des jésuites à Québec se reflète dans la cartographie de l’époque. Dessiné à l’échelle et riche de détails, le Plan de la ville et chasteau de Quebec, fait en 1685 mezurée exactement conservé aux Archives des jésuites au Canada (AJC) permet d’observer l’emplacement et la configuration des bâtiments en pierre du collège qui remplacent, à partir de 1648, les premiers édifices en bois. Les récollets, revenus dans la colonie en 1670, sont présents dans le tracé de Villeneuve, mais aux marges de la carte.
Cette carte est l’œuvre de l’ingénieur et cartographe Robert de Villeneuve. Envoyé en Nouvelle-France en 1685, il réalise le plan à des fins militaires, en vue de fortifier la ville. Nous ne connaissons pas la provenance de cet exemplaire de la carte de Villeneuve. Nous savons qu’elle faisait partie de la collection de la résidence jésuite de la rue Dauphine, à Québec. Elle a été exposée en 2012-2013 au Musée National des Beaux-Arts de Québec dans le cadre de l’exposition Les arts en Nouvelle-France. Une autre copie, encore plus détaillée, est conservée aux Archives nationales d’outre-mer, en France, au dépôt des Fortifications des Colonies.
On voit sur le travail de Villeneuve les trois ailes du bâtiment disposées autour d’une cour centrale. Elles logent à la fois le collège et la résidence des jésuites. La carte nous montre aussi l’église attenante, dont la construction est entreprise en 1666. On y remarque la présence de grands jardins et d’un petit ruisseau qui traversait la propriété, de même qu’un moulin en contrebas, près de l’actuelle côte de la Fabrique.

Les AJC conservent un autre document original qui témoigne de l’ampleur et de l’importance de cet ensemble architectural. En 1653, le gouverneur Jean de Lauson donne aux jésuites l’ordre de fortifier leur bâtiment afin que des habitants puissent s’y réfugier en cas d’attaque:

« Et comme le lieu de Quebecq est tout ouvert et sans defense, la maison des Reverends Peres Jesuites seule capable de retirer nombre de personnes et de familles en une telle occurrence […], nous avons priés les dicts Peres Jesuites de fortifier leur maison de Quebecq, y faire des cannonieres et saillies pour la flanquer en sorte que l’on s’y puisse defendre contre les attaques des ennemis, mesme y avoir des pierriers et autres petites pieces pour s’y defendre. »
Permission de fortifier la maison de Québec, 10 août 1653. AJC, Q-1.220
Le plan de Villeneuve donne une idée de la manière dont les grands bâtiments de l’époque ont traversé le temps, mais de différente manière. Par exemple, la façade du complexe occupé par les jésuites donnait sur l’actuelle rue des Jardins, dans le Vieux-Québec, face à ce qui était alors l’église Notre-Dame-de-Recouvrance, site aujourd’hui occupé par la cathédrale Notre-Dame de Québec. Le collège jésuite a bien changé aussi, puisqu’il a été démoli à la fin des années 1870, après avoir entre autres servi de dépôt militaire et de caserne, à la suite de la saisie des biens des jésuites par le gouvernement britannique après la Conquête. Cet emplacement est maintenant occupé par l’hôtel de ville de Québec. On y trouve toujours, posé en évidence, l’ancien fronton du collège jésuite.

Références
Galarneau, C. (2015). Collège des Jésuites. Dans l’Encyclopédie canadienne. www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/college-des-jesuites
Ministère de la Culture et des Communications. Plaque du Collège des jésuites. Répertoire du patrimoine culturel du Québec. https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=99399&type=bien
Morisset, G. (2003). Villeneuve, Robert de. Dans Dictionnaire biographique du Canada. https://www.biographi.ca/fr/bio/villeneuve_robert_de_1F.html
Ouellet, J. (19 novembre 2015). L’ancien Collège des jésuites (1825). Vues anciennes de Québec. https://histoireurbaine.wordpress.com/2015/11/19/lancien-college-des-jesuites-1825/#_ftnref9
Labrecque, P. (2006). Historique. Ville de Québec. Répertoire du patrimoine bâti. Fiche d’un bâtiment patrimonial. Hôtel de ville de Québec. https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/patrimoine/bati/fiche.aspx?fiche=6180
Lumbroso, S. (2023). « Récollets contre jésuites, entretien avec Éric Thierry ». Revue d’histoire de la Nouvelle-France, (3), 54–55.
Palomino, J.-F. (2012). Pratiques cartographiques en Nouvelle-France : la prise en charge de l’État dans la description de son espace colonial à l’orée du xviiie siècle. Lumen, 31, 21-39. https://doi.org/10.7202/1013065ar
Turcotte, G. et al. (avril-mai-juin 2008). La présence jésuite à Québec du 17e siècle à nos jours. Le Brigand, (494), p. 10-12. Une version de cet article est disponible en ligne : https://www.chapelledesjesuites.ca/un-peu-dhistoire/la-presence-des-jesuites-a-quebec-du-17eme-siecle-a-nos-jours/
Ville de Québec (s. d.). Histoire du Collège des jésuites. Patrimoine. L’archéologie à Québec. https://archeologie.ville.quebec.qc.ca/sites/college-des-jesuites/histoire-du-college-des-jesuites/
Lorsque les jésuites reviennent au Canada au début des années 1840, ils répondent entre autres à l’invitation de l’évêque de Montréal, Mgr Bourget, qui rêve d’un nouveau collège pour desservir la population catholique de la ville. L’éducation, en effet, est une mission fondamentale et un domaine d’expertise séculaire de la Compagnie de Jésus. Avec cette série, nous partageons avec vous quelques histoires dénichées dans les fonds d’archives des collèges fondés par les jésuites.

Au début des années 1940, dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale, le Collège Jean-de-Brébeuf a accueilli de prestigieux invités issus de la noblesse européenne.
En mai 1940, la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg et son époux, le prince Félix de Bourbon-Parme, fuient l’invasion de leur pays par les forces allemandes. Après plusieurs déplacements en Europe, ils trouvent refuge au Québec où s’établit par le fait même le gouvernement luxembourgeois en exil. La famille réside d’abord dans l’ancien manoir seigneurial de Saint-Henri de Mascouche avant de finalement s’installer à Montréal. Leur fils, Charles de Luxembourg, rejoint alors ses cousins, Jacques, Michel et André de Bourbon-Parme, fils du prince René de Bourbon-Parme et de la princesse Marguerite de Danemark, qui fréquentent le Collège Jean-de-Brébeuf. Pour les jeunes exilés, le collège jésuite présente l’avantage d’offrir un milieu d’enseignement à la fois catholique et francophone.

Dans le diarium du préfet du collège – journal dans lequel les jésuites consignent les événements du jour – leurs noms figurent en effet sur une liste d’étudiants étrangers, au côté des barons Léon Van der Elst et Léon et Philippe Lambert, de Belgique, du comte Charles de Chambrun, de France, et des vicomtes Martel et Romano Obert de Thieusies. D’autres cousins de Charles, dont les enfants de l’ex-impératrice d’Autriche, Zita de Bourbon-Parme, en exil depuis la chute de l’empire austro-hongrois, fréquentent eux aussi des établissements scolaires québécois : l’Université Laval, le Collège Jésus-Marie de Sillery, le Collège Saint-Charles-Garnier de Québec et le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague.
Objet de curiosité pour les élèves et le personnel du Collège, Charles de Luxembourg apparait en première page de l’édition du 30 octobre 1940 du journal Brébeuf. Dans un article de l’édition du 6 octobre 1941, il raconte son départ précipité de Bruxelles – où il séjournait auprès de sa tante Zita – lors de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande en mai 1940. Il relate ensuite son parcours rocambolesque à travers l’Europe, jusqu’au départ de sa famille pour l’Amérique à bord du USS Cruiser Trenton à l’invitation du président Roosevelt qui, à leur arrivée, les reçoit à Washington pour un dîner. Il raconte aussi l’émotion de sa première rencontre avec les élèves de sa classe et évoque avec nostalgie le souvenir de son pays.


Journal Brébeuf, 30 octobre 1940 et 6 octobre 1941. GLC C-6.S7.SS5.2.1.2.61, 69.
On retrouve dans le diarium du préfet plusieurs coupures de presse relatant les circonstances de l’exil au Canada de la famille grand-ducale et du gouvernement luxembourgeois. Collectionnées et assemblées à la manière d’un scrapbook, on y trouve aussi des pièces plus insolites qui témoignent de l’intérêt que suscite la présence de ces jeunes invités de marque, comme des enveloppes adressées aux princes Michel, André et Jacques de Bourbon-Parme et un télégramme envoyé au Collège par la baronne Lambert (Johanna de Reininghaus) concernant les bagages de ses enfants.



Diarium du préfet, septembre 1931-juillet 1945. GLC C-6.S1.SS6.2.3.2.
Le 8 janvier 1942, une inscription mentionne le départ définitif des princes Michel et André de Bourbon Parme et le retour à New York des barons Léon et Philippe Lambert, à la suite d’une maladie. Charles, quant à lui, fréquente le collège jusqu’en 1943, où il fait ses classes d’Éléments français, d’Éléments latins et de Syntaxe.
Sources Externes
Bernier Arcand, P. (2022). Les Bourbon-Parme dans les institutions d’enseignement du Québec. Histoire Québec, 28 (1), 24-28.
Bernier Arcand, P. (2010). L’exil québécois du gouvernement du Luxembourg. Histoire Québec, 15 (3), 19-26.
Galerie
Rejoignez-nous le 5 juin 2025 pour la nouvelle exposition des AJC sur le pèlerinage et les carnets de pèlerinage dans la tradition jésuite canadienne. Plus d’informations et lien d’inscription ci-dessous.

Inscription: https://forms.gle/v9VqRCCFm57fdZvk8
Questions? Écrivez à CANarchives@jesuites.org ou appelez le 514-387-2541, poste 318.
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