Le directeur des AJC, François Dansereau, a récemment accordé une entrevue à l’Association canadienne des archivistes dans le cadre de leur série de blogues, « In the Field ». Il partage son parcours académique, la manière dont il est arrivé à travailler aux AJC et les défis auxquels font face les archives religieuses d’aujourd’hui. Pour lire l’intégralité de l’entrevue, cliquez ici: Association of Canadian Archivists – A Spotlight on Religious Archives with François Dansereau.

Cette année, pour illustrer la carte de Noël des Archives des jésuites au Canada (AJC), nous avons puisé dans une pièce remarquable de notre collection. Il s’agit d’une scène de l’Adoration des mages tirée du livre d’Heures de Philippe de Montholon, daté de la fin du 15e siècle.

Les livres d’heures sont des recueils de prières quotidiennes destinés aux laïcs. Ils sont le pendant des bréviaires, utilisés par les clercs, qui rassemblent les prières récitées à l’occasion des huit offices de la journée. Les premiers livres d’heures apparaissent au 13e siècle et connaissent une large diffusion au cours des siècles suivants. Souvent richement enluminés, ils sont d’abord destinés à l’aristocratie, puis se répandent graduellement à d’autres couches de la société. Ils sont généralement de petite taille de façon à pouvoir être transportés.

La mise sur pied en 2018 de l’exposition Resplendissantes enluminures. Livres d’Heures du XIIIe au XVIe siècle dans les collections du Québec au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a donné l’occasion à une équipe de chercheur.euse.s dirigée par Brenda Dunn-Lardeau, professeure au Département d’études littéraires de l’UQAM, d’approfondir les connaissances au sujet de ce précieux manuscrit. Nous ne savons pas avec certitude quand et comment il est entré dans la collection des AJC, mais nous savons qu’il en fait partie depuis au moins 1892, date à laquelle le père Arthur E. Jones, successeur du père Félix Martin à la tête des Archives du Collège Sainte-Marie, l’a prêté pour une exposition de la Société de numismatique et d’archéologie de Montréal.

Il est toutefois possible que le manuscrit soit arrivé au Québec bien avant. Nous savons en effet que de tels ouvrages circulaient en Nouvelle-France. Les religieuses hospitalières de Québec en réclamaient régulièrement auprès de leurs bienfaiteurs européens au bénéfice des malades, et des passages des Relations des jésuites nous apprennent que ces derniers en faisaient usage lors de leurs missions. L’une des hypothèses est que le manuscrit soit parvenu aux Ursulines de Québec par l’intermédiaire de Catherine

de Montholon, descendante de l’un de ses premiers propriétaires, Philippe de Montholon. À la mort de son mari, Catherine de Montholon s’est retirée chez les Ursulines de Dijon, qui étaient elles-mêmes les bienfaitrices des Ursulines de Québec. Si le manuscrit se trouvait bel et bien en sol canadien avant la suppression de la Compagnie de Jésus à la fin du 18e siècle, le père Félix Martin pourrait l’avoir récupéré lors du retour des jésuites au Canada en 1842. En effet, avant son décès en 1800, le père Jean-Joseph Casot, dernier survivant jésuite d’avant la suppression, avait confié une partie des documents de l’ordre aux religieuses hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Québec. Les documents récupérés au 19e siècle par le père Martin forment le noyau initial de la Collection des Archives du Collège Sainte-Marie, l’un des fondements de l’actuelle collection des AJC.

D’autres hypothèses demeurent toutefois à explorer et il n’est pas exclu que le manuscrit ait été intégré à la collection plus tardivement. Le livre d’Heures de Philippe de Montholon n’a pas encore livré tous ses secrets ! On peut en apprendre davantage à son sujet dans la notice rédigée par Brenda Dunn-Lardeau, Helena Kogen et Geneviève Samson dans le magnifique Catalogue raisonné des livres d’heures conservés au Québec produit dans la foulée de l’exposition du MBAM.

Références :

Dunn-Lardeau, B. (dir.). (2018). Catalogue raisonné des livres d’Heures conservés au Québec. Presses de l’Université du Québec. https://doi.org/10.2307/j.ctvt1shn9

Biron, J. (2016). Enquête sur la provenance et les pérégrinations de deux livres d’Heures enluminés du XVe siècle conservés aux Archives des jésuites au Canada. Renaissance and Reformation / Renaissance et Réforme, 39(4), 19–72. https://doi.org/10.33137/rr.v39i4.28159

Aujourd’hui, les Archives des jésuites au Canada (AJC) fêtent l’anniversaire de Félix Martin, s.j. (1804-1886), supérieur de jésuites du Bas-Canada, fondateur du Collège Sainte-Marie, et archiviste. L’histoire du père Martin est inextricablement liée à l’histoire de la Compagnie de Jésus au Canada après sa restauration.

Félix Martin, s.j. (debout au centre à droite avec les bras croisés) parmi les jésuites au Collège Sainte-Marie. C-1.247

Bien que les jésuites du Canada n’aient pas été contraints de retourner en Europe lorsque la Compagnie de Jésus a été supprimée en 1773 sur le continent et dans ses missions à travers le monde, il était interdit aux nouveaux missionnaires de se joindre à eux. Après le décès en 1800 du dernier des jésuites d’avant la suppression, il a fallu attendre quarante-deux ans pour que la Compagnie de Jésus reprenne ses missions au Canada. Les précieux documents de la première génération de jésuites ont été détruits, perdus, donnés à d’autres entités ou ramenés en France

Lorsque le Père Martin est arrivé au Canada en 1842, parmi le premier groupe de missionnaires à revenir après la restauration, il a commencé à recueillir et à préserver les documents qui avaient survécu. L’histoire de la restitution des documents qui avaient été confiés aux sœurs hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Québec par le dernier jésuite au Canada fait maintenant partie de l’histoire des origines de l’AJC. Lorsqu’il fonda le Collège Sainte-Marie à Montréal, le père Martin mit sur pied les archives qui contenaient à la fois les documents de pré-suppression qu’il avait recueillis et les futurs documents relatifs au Collège Sainte-Marie et aux activités des Jésuites au Canada.

Aujourd’hui, les AJC conservent les documents, les écrits et les publications du père Martin, ainsi qu’un certain nombre de croquis, de dessins et de peintures de structures architecturales et de paysages pour lesquels il était connu. En effet, outre son talent d’archiviste, Martin était un artiste architectural talentueux. Bien que son œuvre la plus célèbre est probablement son aquarelle du Collège Sainte-Marie, les images suivantes démontrent l’étendue des intérêts de Martin en tant qu’artiste :

Pour en savoir plus sur nos fonds concernant le père Martin, consultez sa fiche dans notre catalogue en ligne ici.

Le directeur des Archives des jésuites au Canada, François Dansereau, a récemment parlé avec Fannie Dionne, historienne de projet chez les Jésuites au Canada, sur le rôle des archives dans le cadre de la vérité et de la réconciliation. Il souligne l’importance de l’accès aux archives et de la communication avec les chercheurs et communautés autochtones, ainsi que de trouver des nouvelles manières de mieux refléter la culture autochtone dans les archives.

Pour lire l’article au complet ici: https://presence-info.ca/article/actualite/culture/pensionnats-pour-autochtones-des-sources-aux-archives/

Le média indépendant Présence – information religieuses a récemment visité les AJC pour en savoir plus sur les fonds d’archives conservés et les priorités de l’équipe.

Le journaliste Frédéric Hountondji s’est entretenu avec le directeur des AJC, François Dansereau, sur le rôle du centre d’archives dans le soutien aux chercheurs et aux groupes de recherche autochtones, et sur le respect de l’appel à l’action de la Commission de vérité et réconciliation ainsi que de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

C’est vraiment l’une des priorités du centre d’archives, qui consiste à faciliter les recherches effectuées par les chercheurs autochtones. Cela peut vouloir dire qu’on essaie de faire émerger les sujets qui les concernent.

Suivez ce lien pour lire l’article complet : https://presence-info.ca/article/actualite/patrimoine/les-ajc-une-vitrine-des-jesuites-du-canada/