Noah est étudiant anicinabe au doctorat et canoniste (expert en droit de l’Église catholique) appartenant à la Première nation Michipicoten. Après avoir terminé son Juris Canonici Licentiatus, à l’Université Saint-Paul en 2020, il est devenu le premier canoniste autochtone du Canada et continue de servir l’Archidiocèse de Toronto comme juge ecclésiastique. Depuis 2023, il poursuit un doctorat en études théologiques au Regis College (Université de Toronto). Ses recherches doctorales visent à explorer les expressions de foi catholique et d’autodétermination des Anicinabek. Il a récemment publié dans le Journal of Ecumenical Studies au sujet de la relationnalité jésuite-anicinabek et dans The Conversation sur des enjeux de réconciliation dans les commissions scolaires catholiques. Il reste déterminé à défendre les droits et l’agentivité des Autochtones catholiques à travers son travail au Our Lady of Guadeloupe Circle et au Anishinabe Spiritual Centre.
Rejoignez le Toronto Jesuit History Research Group le vendredi 14 novembre, 2025 (13 h à 15 h, heure de l’Est) pour une conférence intitulée « Hiding in Plain Sight: Open Secrets About the Jesuit Relations from New France » donnée par Micah True. Le professeur True est l’auteur de la monographie récemment publiée, The Jesuit Relations: A Biography.
Pour plus de détails, consultez l’affiche ci-jointe.
Les archives des jésuites au Canada sont heureuses d’annoncer la création d’une subvention à la recherche autochtone. Cette bourse a été créée pour soutenir la recherche sur des sujets autochtones et par des étudiantes et étudiants autochtones. Préférence sera accordé aux candidats autochtones.
Valeur : 2,500 CAD
Date limite : 1er décembre 2025
Tous les détails sont disponibles ci-dessous. Si vous avez des questions, veuillez écrire aux AJC à l’adresse canarchives@jesuites.org ou nous appeler au 514-387-2541, poste 318.
15 juin 1625. Après des semaines de traversées de l’Atlantique Nord, les premiers jésuites débarquent à Québec. Les pères Ennemond Massé, Charles Lalemant et Jean de Brébeuf, accompagnés de deux frères, découvrent la petite ville avec entre autres son fort, quelques habitations, le couvent des récollets. Cela fait 400 ans.
On trouve peu de traces de cette arrivée et des premières années de la mission de Brébeuf et ses confrères dans les Archives des jésuites au Canada (AJC). En effet, les archives de la Compagnie de Jésus qui datent de cette époque, dispersées entre 1800 et 1842, n’ont été récupérées que partiellement. Parmi les pièces qui permettent de se replonger dans cette époque se trouve une carte datant de 1685. Celle-ci met en lumière la présence des jésuites et un autre ordre religieux masculin avec qui ils ont partagé la mission : les récollets.
Récollets et jésuites il y a 400 ans
Les jésuites mettent pied à terre à Québec en 1625, mais ce n’était pas le premier voyage transatlantique du père Massé. Ce dernier avait été missionnaire entre 1611 et 1613 en Acadie avant de devoir revenir en France, où il partage le récit de son séjour auprès des Autochtones. Son expérience inspire d’autres membres de la Compagnie de Jésus et contribue à mettre en branle les rouages qui vont favoriser le retour des jésuites dans la colonie française.
En effet, selon l’historien Éric Thierry, les récits de la mission d’Acadie vont motiver des jésuites influents comme le père Jean de La Bretesche (proche du duc de Ventadour et du cardinal François de La Rochefoucauld) à travailler en coulisses pour que des membres de la Compagnie de Jésus soient envoyés à Québec, où œuvraient déjà des missionnaires récollets depuis 1615.
Si les récollets n’avaient pas prévu de partager leur mission avec des disciples d’Ignace de Loyola, ils ne peuvent qu’accepter leur présence une fois mis devant le fait accompli. Ceux de Québec accueillent d’ailleurs les jésuites dans leur couvent à leur arrivée, le temps que les nouveaux missionnaires puissent construire leur première demeure sur les terres de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges, à l’emplacement de l’actuel parc Cartier-Brébeuf dans le quartier Limoilou. Lors de cette période, de concert avec les récollets, les jésuites travaillent auprès des catholiques français en célébrant la messe et les fêtes, en plus de commencer les premières missions dans des communautés autochtones. Ainsi, dès octobre 1625, Brébeuf part hiverner avec des Innu avant d’être envoyé en 1626 vers les Wendat avec le père Anne de Nouë et le récollet Joseph de La Roche Daillon.
En 1629, la prise de Québec par les Anglais oblige tous les religieux à retourner en Europe, mettant temporairement fin à la mission.
Le nouvel essor de la mission jésuites à Québec
Robert de Villeneuve, Plan de la ville et chasteau de Quebec, fait en 1685 mezurée exactement. AJC, F-1.764.
En 1632, ce qui était appelé « Nouvelle-France » est rendu à la France par les Anglais. La même année, les jésuites sont les seuls religieux à refaire le voyage dans la colonie française. Leur apostolat s’étend alors sur plusieurs plans, et des milliers de kilomètres. Sans rendre compte de tous les aspects de leur mission, la vue à vol d’oiseau de Villeneuve nous renseigne sur les services que les jésuites fournissaient à la population, dans un emplacement proche du gouvernement de la colonie.
Les jésuites fondent par exemple leur collège en 1635, où ils dispensent le cours classique, tel qu’enseigné dans les collèges jésuites de France. Les sciences ne sont pas en reste, puisque s’ajoutent à partir de 1708 un cours d’hydrographie et une formation de pilotes et d’arpenteurs de la colonie. Le collège abrite également une importante bibliothèque et une apothicairerie.
L’importance de la présence des jésuites à Québec se reflète dans la cartographie de l’époque. Dessiné à l’échelle et riche de détails, le Plan de la ville et chasteau de Quebec, fait en 1685 mezurée exactement conservé aux Archives des jésuites au Canada (AJC) permet d’observer l’emplacement et la configuration des bâtiments en pierre du collège qui remplacent, à partir de 1648, les premiers édifices en bois. Les récollets, revenus dans la colonie en 1670, sont présents dans le tracé de Villeneuve, mais aux marges de la carte.
Cette carte est l’œuvre de l’ingénieur et cartographe Robert de Villeneuve. Envoyé en Nouvelle-France en 1685, il réalise le plan à des fins militaires, en vue de fortifier la ville. Nous ne connaissons pas la provenance de cet exemplaire de la carte de Villeneuve. Nous savons qu’elle faisait partie de la collection de la résidence jésuite de la rue Dauphine, à Québec. Elle a été exposée en 2012-2013 au Musée National des Beaux-Arts de Québec dans le cadre de l’exposition Les arts en Nouvelle-France. Une autre copie, encore plus détaillée, est conservée aux Archives nationales d’outre-mer, en France, au dépôt des Fortifications des Colonies.
On voit sur le travail de Villeneuve les trois ailes du bâtiment disposées autour d’une cour centrale. Elles logent à la fois le collège et la résidence des jésuites. La carte nous montre aussi l’église attenante, dont la construction est entreprise en 1666. On y remarque la présence de grands jardins et d’un petit ruisseau qui traversait la propriété, de même qu’un moulin en contrebas, près de l’actuelle côte de la Fabrique.
Robert de Villeneuve, Plan de la ville et chasteau de Quebec, fait en 1685 mezurée exactement. Détail. AJC, F-1.764.
Les AJC conservent un autre document original qui témoigne de l’ampleur et de l’importance de cet ensemble architectural. En 1653, le gouverneur Jean de Lauson donne aux jésuites l’ordre de fortifier leur bâtiment afin que des habitants puissent s’y réfugier en cas d’attaque:
« Et comme le lieu de Quebecq est tout ouvert et sans defense, la maison des Reverends Peres Jesuites seule capable de retirer nombre de personnes et de familles en une telle occurrence […], nous avons priés les dicts Peres Jesuites de fortifier leur maison de Quebecq, y faire des cannonieres et saillies pour la flanquer en sorte que l’on s’y puisse defendre contre les attaques des ennemis, mesme y avoir des pierriers et autres petites pieces pour s’y defendre. »
Permission de fortifier la maison de Québec, 10 août 1653. AJC, Q-1.220
Le plan de Villeneuve donne une idée de la manière dont les grands bâtiments de l’époque ont traversé le temps, mais de différente manière. Par exemple, la façade du complexe occupé par les jésuites donnait sur l’actuelle rue des Jardins, dans le Vieux-Québec, face à ce qui était alors l’église Notre-Dame-de-Recouvrance, site aujourd’hui occupé par la cathédrale Notre-Dame de Québec. Le collège jésuite a bien changé aussi, puisqu’il a été démoli à la fin des années 1870, après avoir entre autres servi de dépôt militaire et de caserne, à la suite de la saisie des biens des jésuites par le gouvernement britannique après la Conquête. Cet emplacement est maintenant occupé par l’hôtel de ville de Québec. On y trouve toujours, posé en évidence, l’ancien fronton du collège jésuite.
Fronton de l’ancien Collège des Jésuites. Photo prise par l’auteur.
Lumbroso, S. (2023). « Récollets contre jésuites, entretien avec Éric Thierry ». Revue d’histoire de la Nouvelle-France, (3), 54–55.
Palomino, J.-F. (2012). Pratiques cartographiques en Nouvelle-France : la prise en charge de l’État dans la description de son espace colonial à l’orée du xviiie siècle. Lumen, 31, 21-39. https://doi.org/10.7202/1013065ar
Lorsque les jésuites reviennent au Canada au début des années 1840, ils répondent entre autres à l’invitation de l’évêque de Montréal, Mgr Bourget, qui rêve d’un nouveau collège pour desservir la population catholique de la ville. L’éducation, en effet, est une mission fondamentale et un domaine d’expertise séculaire de la Compagnie de Jésus. Avec cette série, nous partageons avec vous quelques histoires dénichées dans les fonds d’archives des collèges fondés par les jésuites.
Photo de classe d’Éléments latins sur laquelle figure le prince Charles de Luxembourg, 1941-1942. GLC C-6.S6.4.119.1.
Au début des années 1940, dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale, le Collège Jean-de-Brébeuf a accueilli de prestigieux invités issus de la noblesse européenne.
En mai 1940, la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg et son époux, le prince Félix de Bourbon-Parme, fuient l’invasion de leur pays par les forces allemandes. Après plusieurs déplacements en Europe, ils trouvent refuge au Québec où s’établit par le fait même le gouvernement luxembourgeois en exil. La famille réside d’abord dans l’ancien manoir seigneurial de Saint-Henri de Mascouche avant de finalement s’installer à Montréal. Leur fils, Charles de Luxembourg, rejoint alors ses cousins, Jacques, Michel et André de Bourbon-Parme, fils du prince René de Bourbon-Parme et de la princesse Marguerite de Danemark, qui fréquentent le Collège Jean-de-Brébeuf. Pour les jeunes exilés, le collège jésuite présente l’avantage d’offrir un milieu d’enseignement à la fois catholique et francophone.
Photo de classe de d’Éléments latins sur laquelle figurent les vicomtes Martel et Romano Obert de Thieusies, le comte Charles de Chambrun et le baron Léon Van der Elst, 1941-1942. GLC C-6.S6.4.106.
Dans le diarium du préfet du collège – journal dans lequel les jésuites consignent les événements du jour – leurs noms figurent en effet sur une liste d’étudiants étrangers, au côté des barons Léon Van der Elst et Léon et Philippe Lambert, de Belgique, du comte Charles de Chambrun, de France, et des vicomtes Martel et Romano Obert de Thieusies. D’autres cousins de Charles, dont les enfants de l’ex-impératrice d’Autriche, Zita de Bourbon-Parme, en exil depuis la chute de l’empire austro-hongrois, fréquentent eux aussi des établissements scolaires québécois : l’Université Laval, le Collège Jésus-Marie de Sillery, le Collège Saint-Charles-Garnier de Québec et le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague.
Objet de curiosité pour les élèves et le personnel du Collège, Charles de Luxembourg apparait en première page de l’édition du 30 octobre 1940 du journal Brébeuf. Dans un article de l’édition du 6 octobre 1941, il raconte son départ précipité de Bruxelles – où il séjournait auprès de sa tante Zita – lors de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande en mai 1940. Il relate ensuite son parcours rocambolesque à travers l’Europe, jusqu’au départ de sa famille pour l’Amérique à bord du USS Cruiser Trenton à l’invitation du président Roosevelt qui, à leur arrivée, les reçoit à Washington pour un dîner. Il raconte aussi l’émotion de sa première rencontre avec les élèves de sa classe et évoque avec nostalgie le souvenir de son pays.
Journal Brébeuf, 30 octobre 1940 et 6 octobre 1941. GLC C-6.S7.SS5.2.1.2.61, 69.
On retrouve dans le diarium du préfet plusieurs coupures de presse relatant les circonstances de l’exil au Canada de la famille grand-ducale et du gouvernement luxembourgeois. Collectionnées et assemblées à la manière d’un scrapbook, on y trouve aussi des pièces plus insolites qui témoignent de l’intérêt que suscite la présence de ces jeunes invités de marque, comme des enveloppes adressées aux princes Michel, André et Jacques de Bourbon-Parme et un télégramme envoyé au Collège par la baronne Lambert (Johanna de Reininghaus) concernant les bagages de ses enfants.
Diarium du préfet, septembre 1931-juillet 1945. GLC C-6.S1.SS6.2.3.2.
Le 8 janvier 1942, une inscription mentionne le départ définitif des princes Michel et André de Bourbon Parme et le retour à New York des barons Léon et Philippe Lambert, à la suite d’une maladie. Charles, quant à lui, fréquente le collège jusqu’en 1943, où il fait ses classes d’Éléments français, d’Éléments latins et de Syntaxe.
Sources Externes
Bernier Arcand, P. (2022). Les Bourbon-Parme dans les institutions d’enseignement du Québec. Histoire Québec, 28 (1), 24-28.
Bernier Arcand, P. (2010). L’exil québécois du gouvernement du Luxembourg. Histoire Québec, 15 (3), 19-26.
Rejoignez-nous le 5 juin 2025 pour la nouvelle exposition des AJC sur le pèlerinage et les carnets de pèlerinage dans la tradition jésuite canadienne. Plus d’informations et lien d’inscription ci-dessous.
Les Archives des jésuites au Canada (AJC) sont à la recherche d’un.e candidat.e au poste d’archiviste de projet, en association avec le programme Jeunesse Canada au Travail. Le stage est d’une durée de 24 semaines, prévu de débuter le 23 septembre 2025 et se terminant le 21 mars 2026. Les AJC sont situées à Montréal, Québec. Le stage va se dérouler dans nos locaux de la Maison Bellarmin, situés à Montréal. Le taux horaire du stage est de 22.00$ de l’heure (35 heures/semaines; projet de 24 semaines; jours fériés non payés; 10-12 journées de congé à confirmer pendant la période des fêtes de la fin décembre/début janvier).
Les AJC offrent un point d’accès à ses collections ainsi que des ressources concernant l’histoire des jésuites au Canada. Les AJC soutiennent la recherche des membres de la communauté jésuite, généalogistes, chercheurs.euses académiques, chercheurs.euses autochtones, artistes et étudiant.e.s provenant d’une variété de disciplines. La Bibliothèque et les livres rares AJC contiennent plus de 37 000 livres et autre matériel publiés, incluant 1 500 livres rares. La collection d’archives comprend plus de 1.5 km de documents textuels, plus de 500 000 photographies, plus de 1 000 cartes et documents cartographiques, des centaines de documents audio-visuels et ainsi que des documents nés-numériques.
L’objectif principal du projet est le traitement archivistique d’un fonds et d’une collection qui témoignent des rencontres diverses entre les jésuites du Canada et des populations autochtones. Le projet inclut l’évaluation, le traitement et la création d’instruments de recherche pour les fonds sélectionnés. Le projet comprend également la numérisation de documents (textuels) sélectionnés, pertinents à la recherche à long terme déjà en cours, en particulier associés à l’engagement des AJC à la Commission vérité et réconciliation du Canada avec les peuples autochtones.
Le fonds Native Peoples Apostolate comprend de la correspondance qui met de l’avant des initiatives, activités et relations entre jésuites et plusieurs communautés autochtones. De plus, il inclut différents rapports, des études et rapports de commissions, qui offrent des détails sur la présence des jésuites au côté de communautés autochtones, particulièrement au nord de l’Ontario. Le fonds comprend également de l’information sur le Anishinable Spiritual Centre et contient différents rapports de comités. Le fonds est composé d’environ un mètre de documents textuels. Les dates du matériel vont du début des années 1900 jusque dans les années 1990.
Le second projet est relié au traitement de documents créés et compilés par des jésuites concernant des langues autochtones. La collection inclut, par exemple, plusieurs manuscrits de grammaires et notes, des sermons, cahiers de prières et catéchismes en Anishinaabemowin, autres langues autochtones à déterminer et en anglais. La collection comprend également des publications annotées. Le ou la candidat.e sélectionné.e va devoir évaluer le matériel et décider, avec la contribution de l’archiviste de traitement et du directeur, si celui-ci doit faire partie de la collection. La grande majorité des documents semblent avoir été produits au début du vingtième siècle. La collection comprend environ 2.5 mètres de documents textuels.
VÉRITÉ ET RÉCONCILIATION AVEC LES PEUPLES AUTOCHTONES
Les AJC sont engagées dans un processus de vérité et de réconciliation avec les peuples autochtones. Les AJC soutiennent la résurgence autochtone. Le candidat ou la candidate sélectionné.e va devoir démontrer une compréhension des défis principaux par rapport aux conceptions et pratiques archivistiques. Le candidat ou la candidate doit être familier.ère avec les principes énoncés dans les appels à l’action de la Commission vérité et réconciliation du Canada, avec le rapport du Groupe de travail sur la réponse au rapport de la Commission vérité et réconciliation du Comité directeur sur les archives canadiennes, en plus de démontrer une compréhension des orientations stratégiques au niveau national et international concernant les peuples autochtones et les archives associées.
QUALIFICATIONS ET COMPÉTENCES
Récemment diplômé.e. Formation de niveau universitaire en archivistique/sciences de l’information ou dans un domaine connexe, avec un intérêt démontré pour les théories et pratiques archivistiques. Une maîtrise en Sciences de l’information avec une concentration en archivistique est un atout;
Capacité démontrée reliée à l’utilisation d’outils de gestion de collections et connaissance des Règles de description archivistiques (RDDA);
Intérêt pour les archives numériques, incluant les pratiques et les procédés de la numérisation;
Capacité à communiquer de l’information à de petits et grands groupes;
Capacité à communiquer à l’oral et à l’écrit en anglais, avec des connaissances de base en français;
Capacité à travailler de manière indépendante et en équipe sur des initiatives collaboratives;
Capacité à développer des objectifs et à mettre en œuvre des procédures.
Le matériel à traiter est en Anishinaabemowin, anglais, français et dans une variété de langues autochtones. Le candidat ou la candidate sélectionné.e doit être en mesure d’écrire en anglais. Les activités quotidiennes aux AJC se déroulent principalement en français. Les activités de communication avec le public se déroulent en français, en anglais ou dans les deux langues, tout dépendant des chercheurs.euses, des projets et du public visé. Le candidat ou la candidate sélectionné.e doit être confortable dans un climat de travail bilingue.
Le stage se déroulera à Montréal, Québec, une ville avec une population diverse. Il s’agit d’un environnement urbain avec diverses institutions universitaires et culturelles.
Une préférence sera accordée aux candidat.e.s autochtones. Les candidat.e.s visé.e.s par l’équité en matière d’emploi du Gouvernement du Canada sont invité.e.s à postuler.
Pour obtenir plus d’information concernant les AJC, veuillez visiter notre site web : https://archivesjesuites.ca/
La date limite pour postuler est le 23 mai 2025.
Les applications, devant inclure une lettre de présentation et un curriculum vitae, dans un seul document Word ou PDF, doivent être envoyées à François Dansereau, Directeur des archives des jésuites au Canada : CANAJCdirection@jesuites.org.
Les candidat.e.s doivent être éligibles au programme de Jeunesse Canada au Travail et soumettre leur candidature sur le Portail. Pour plus d’information: https://jeunesse-canada-travail.canada.ca/
Nous remercions les personnes ayant signalé leur intérêt pour le stage. Les personnes sélectionnées pour la liste courte seront contactées pour une entrevue. Les informations personnelles incluses dans les candidatures vont être utilisées uniquement pour le processus de recrutement.
E. L’espérance, Séminaire de Gaspé, entre les années 1926 et 1938. GLC C-8.4.3.1.
Le 25 novembre 1922, François-Xavier Ross (1869-1945) est nommé premier évêque de Gaspé. Un grand nombre de projets pour développer la région l’habitent déjà, dont celui de fonder à Gaspé un petit séminaire. Il approche dès lors des organisations religieuses afin d’en trouver une qui acceptera d’en prendre la responsabilité. L’année suivante, Mgr Ross écrit au supérieur provincial jésuite, le père John Milway Fillion, pour donner suite à des discussions qu’ils ont précédemment entretenues à propos de leur potentiel intérêt pour ce projet. Quelques jours plus tard, ce dernier propose à l’évêque un arrangement possible, qu’il soumettra au supérieur général de la Compagnie. En janvier 1924, l’offre est acceptée par le supérieur général et l’entente est conclue : ce sont les jésuites qui assumeront la responsabilité du Séminaire de Gaspé.
On confie la conception des plans du séminaire à l’architecte Pierre Lévesque (1880-1955). Les fondations du bâtiment sont jetées dès novembre 1923, mais les travaux prennent du retard et ne s’enclenchent réellement qu’en 1924.
Mgr Ross entouré de pères jésuites et séculiers, 1929 ou 1930. GLC C-8.4.1.1.
Le 11 septembre 1926, le Séminaire de Gaspé accueille finalement ses premières classes. Ce sont quatre pères jésuites qui assument les tâches d’enseignement, aidés par des pères séculiers.
Le fonds du Séminaire de Gaspé, conservé par les AJC, est composé d’une correspondance qui laisse voir les dessous de cette entreprise et les difficultés qu’elle a connues durant ses premières années. Dès la fin de l’été 1926, le père Olivier H. Beaulieu, recteur du Séminaire, expose au supérieur provincial les besoins qui ne sont pas comblés en matière de personnel. Les difficultés à recruter du personnel du côté de l’évêché de Gaspé répondent à celles des jésuites à envoyer des hommes qui pourront assumer les tâches d’enseignement.
Ces difficultés, mais aussi les fiertés engendrées par les performances des étudiants, la bonne entente et les réalisations du séminaire, transparaissent dans toute la correspondance entretenue entre les supérieurs de Gaspé, les provinciaux jésuites et Mgr Ross au fil des années. Malgré les embuches, le séminaire accueille des étudiants qui se démarquent dans les concours intercollégiaux. René Lévesque (1922-1987), qui deviendra plus tard un journaliste notoire puis premier ministre du Québec, fréquente lui aussi le séminaire. Il apparaît d’ailleurs sur deux photographies du fonds d’archives.
En 1938, Mgr Ross libère finalement les jésuites et laisse la responsabilité du Séminaire de Gaspé aux Clercs de Saint-Viateur. Ces derniers continuent le travail entamé par les jésuites jusqu’en 1947, date où les pères du diocèse reprennent à leur tour la responsabilité de l’établissement. En 1967, dans le mouvement des réformes qui découlent des recommandations de la Commission Parent (1961-1964), le séminaire est remplacé par le Cégep de la Gaspésie et des Îles.
Séminaire de Gaspé, vers 1930-1932, GLC C-8.4.3.19.1
Encore aujourd’hui, le cégep se trouve dans le bâtiment original, construit il y a maintenant cent ans, du petit séminaire. Des agrandissements ont été ajoutés au pavillon original et certaines installations ont été reconverties pour répondre à de nouveaux besoins. Les efforts de l’évêque de Gaspé et des jésuites auront été le point de départ pour l’installation pérenne d’un établissement scolaire permettant à la population d’une région éloignée des grands centres d’avoir accès à l’éducation postsecondaire, et ce, sans avoir à quitter la Gaspésie.
Pour en savoir plus sur le fonds du Séminaire de Gaspé, vous pouvez consulter sa fiche descriptive dans notre catalogue.
Louis-Adolphe Huguet-Latour (1812-1904) est l’un des rares laïcs dont les AJC conservent les archives. Légués à sa mort au Collège Sainte-Marie, plusieurs de ses documents sont entrés par le fait même dans la plus grande collection que détiennent les AJC – la Collection des Archives du Collège Sainte-Marie. Cette pratique était courante parmi les amis des jésuites, des hommes instruits qui évoluaient dans les mêmes cercles. Cet article se penche sur le contenu de son fonds personnel, acquis quelques décennies plus tard.
En 1863, Huguet-Latour publie la première édition de l’Annuaire de Ville-Marie : origine, utilité et progrès des institutions catholiques de Montréal. Dès les premières pages, il fait valoir toute l’importance qu’il accorde au méticuleux travail de consignation des informations permettant de préserver et de construire la mémoire des sociétés :
«Les lacunes, que, forcément, nous serons obligé de laisser quelques fois dans notre plan ainsi conçu, montreront peut-être l’importance pour chaque paroisse, pour chaque maison, chaque collège ou communauté, pour chaque société et même, si l’on veut, pour chaque respectable famille d’avoir un livre distinct et séparé des registres de comptabilité, pour y inscrire, en temps opportun, tout ce qui se rattache historiquement, et à son point de vue, à chaque corps ainsi constitué. Que de belles pages nous aurions aujourd’hui, avec cette méthode, dans cette histoire intime du Canada !»
Couverture de L’Annuaire de Ville-Marie, Bibliothèque des Jésuites au Canada.
Né d’une famille de la bourgeoisie montréalaise en 1812, Huguet-Latour devient notaire en 1847. Dans les années 1850, il intègre la milice de Montréal, tout comme son père—lui aussi notaire—l’avait fait avant lui.
Parallèlement, il s’implique dans plusieurs sociétés culturelles, dont la Société de tempérance du diocèse de Montréal. Son implication personnelle s’inscrit dans un phénomène social qui prend de l’ampleur dès la fin des années 1840, avec le mouvement initié par le père Charles Chiniquy. Huguet-Latour s’implique aussi dans la Société historique de Montréal, fondée en 1858 par Jacques Viger, de laquelle il devient le premier bibliothécaire.
C’est en effet son intérêt pour l’histoire du Canada et son désir d’en préserver la mémoire qui semble avoir réellement marqué la vie de Huguet-Latour. Les AJC possèdent un fonds d’archives témoignant de son travail de collecte de données portant sur une grande variété de sujets, allant d’observations sur la météorologie de Montréal jusqu’à l’inventaire des livres rares du Collège de Montréal, en passant par des listes de notaires, de procureurs, de chirurgiens…
Graphique des températures mensuelles de Montréal entre 1849 et 1852. GLC BO-81.2.7.1.9.
Le fonds contient aussi des documents qui ne le concernent pas toujours directement, mais qui démontrent son intérêt pour la conservation des témoins de l’histoire. En effet, ce sont sans doute ses notes historiques concernant l’histoire du Bas-Canada qui occupent le plus de place au sein de cette collection de données. Une partie de celles-ci lui ont d’ailleurs servi pour l’écriture de son Annuaire de Ville-Marie. Il a aussi laissé aux jésuites une relique et deux documents signés de la main de Marguerite Bourgeoys.
Liste chronologique de l’introduction de diverses espèces d’arbres en Europe, milieu du 19e siècle. GLC BO-81.2.5.1.7.
Son fonds d’archive comporte en outre une importante correspondance avec divers instituts scientifiques qui témoigne de son intérêt envers la création de riches lieux de savoirs. Pendant plusieurs décennies, Huguet-Latour s’est en effet donné pour mission d’aider ces institutions à constituer leurs bibliothèques et à y inclure des écrits sur l’histoire du Canada en leur faisant parvenir bon nombre de livres et de brochures.
Sources externes
Brault, J.-R. (1993). La société historique de Montréal 1858-1993. Cap-au-diamants, (34), p. 55.
Saint-Pierre, J. (2002). Le mouvement de la tempérance.Encyclobec.
Jesuit Higher Education: A Journal, une publication en libre accès, a publié un article du directeur des AJC, François Dansereau, sur les fonds d’archives.
Résumé:
Cet article court présente sur l’étendue des ressources archivistiques conservées aux Archives des jésuites au Canada (AJC), situées à Montréal, au Canada. Il décrit les caractéristiques de la collection d’archives, en mettant l’accent sur les documents historiques qui témoignent de l’implication des jésuites au Canada dans les activités et les institutions éducatives. L’article se termine par des réflexions sur les stratégies contemporaines des AJC, en particulier en ce qui concerne les documents d’archives sur les peuples autochtones, et en soulignant le soutien des AJC aux chercheurs.
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